En ce beau dimanche de mai, nous avons decidé d'aller surfer avec 2 autres étudiants sur la Bells Beach, lieu culte des petits surfers australiens.
Départ sous un soleil éclatant, 20°, et pour une eau prévue à 19°C...Je pick up les deux loustiques et nous foncons, avec modération bien entendu, vers la côte. Nous foncons, les arbres le bitum et les km défilent sur la route humide de rosée et de pluie de la nuit... j'y reviendrai plus tard.
Arrivé à Torquay, la mer est grosse sans être impraticable. Nous récupérons avec Florian, le petit Allemand, nos planches et plongeons allégrement dans l'eau salée, pleine de jolis requins. Manque de bol aucun ne nous a chopé aujoud'hui. It was not a good shark day anyway ...
Notre camarade indien Varren, fraichement arrivé mercredi de New Delhi, prefère se promener et admirer la plage, et les surfeuses ... Un petit café, un sandwich feta/oeuf/salade et on est reparti pour une petite heure dans les bras de Vénus, nymphe née des océans. J'arrive même à tenir debout plus de 10s ! Ce qui n'est pas un exploit je vous l'accorde, mais fait figure de prouesse personnelle du jour. Chacun est héro d'un jour à sa manière, le tout est de trouver le bon jour et la bonne manière.
Après cet alléchant début d'après midi, nous rejoignons Mouna en ville. J'ai dévouvert la veille au soir un restaurant de chocolat... hé oui que du choco et que du bon. De blanc lavabo à noir cirage, en passant par une respectable quantité de teintes et de parfums. Même les muffins sont choco noir ou choco blanc agrémentés de diverses noix et baies, et en tant qu'expert ex muffin, je vous assure qu'ils étaient bons.
Nous prenons chacun un choco-take-away et partons vers le jetée de Geelong et sa magnifique seaview, ou le soleil se couche derrière les nuages montant de la baie. Quelques voiliers sont là, attendant sur l'eau calme du soir, les derniers rayons de soleil.
Je raccompagne tout ce petit monde, fatigué de son dimanche, chez lui. Et rentre dans ma magnifique Fairlane NA de 1992.
Non je ne rentre pas en fait. Car pour être franc nous ne sommes jamais vraiment partis, et jamais vraiment arrivés. Nous avons eu un accident sur l'autoroute à 7 km de Torquay en partant le matin, j'ai percuté un arbre à 100km après avoir donné un coup de volant trop brutal sur une route trop glissante. Nous n'avons fait ni surf, ni piknik sur la plage ni contemplation de la mer, et de la baie.
Bêtement en discutant avec les autres j'ai tourné la tête en arrière. Bêtement la voiture est partie en sucette a 100 à l'heure, et bêtement j'ai pas reussi à rattraper la trajectoire. Alors j'avais le choix, prendre un arbre ou ne pas prendre un arbre. Mais c'est pas moi qui ai choisi.
La voiture ressemble a un fer à repasser, le toit sur tout l'avant est plié et écrasé. Les deux portières avant sont tordues sur 1/3 de leur hauteur et les vitres fleurissent en milliers de jolis cristaux sur le sol. La console centrale a volé emportant avec elle le levier de vitesse et une partie du tableau de bord. Je pense que le truc qui pendouillait était la moquette du plafond. La roue avant gauche se trouve presque sur le siège passager et il ne doit rester qu'une seule vitre encore entière : le pare brise arrière. En soit à 385789 km, c'est une mort peu glorieuse.
Florian a des problemes au bas du dos, il en a probablement pour une semaine a récupérer avant de remarcher correctement. Il a aussi des coupures sur les genous et probablement quelques muscles de froissés au niveau des reins et des épaules.
Varren a une fracture de la pomette gauche, des coupures sur une partie du visage et des lèvres, à cause de ce putain de part brise qui a explosé. Il est opéré demain matin pour lui fixer sa pomette et vider la poche de sang dans son sinus. Il a aussi des brulures au jambes à cause du frottement du tableau de bord sur elles, et probablement des contusions aux genoux et aux bras.
Et moi, j'ai rien.